Le 31 mai 2019, une date désormais ancrée dans la mémoire collective comme une « journée noire », marquait un coup d'arrêt brutal pour la Société Nationale de Raffinage (Sonara). Un incendie majeur détruisait quatre de ses treize unités principales, plongeant le pays dans une dépendance accrue aux importations de carburants. Aujourd'hui, le Cameroun tourne cette page sombre.
Une étape décisive à Yaoundé
Ce 29 juin 2026, Yaoundé a abrité un atelier stratégique consacré à la réhabilitation et à la modernisation de la raffinerie. Cette rencontre de haut niveau a souligné l'engagement multisectoriel du gouvernement, en présence des ministres en charge des Finances (MINFI), des Mines, de l'Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT), de l'Eau et de l'Énergie (MINEE), ainsi que de l'Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED), etc.
Un modèle de partenariat public-privé innovant
Pour surmonter cette épreuve, l'État camerounais a fait le choix de l'audace. Le gouvernement a opté pour un modèle de partenariat public-privé (PPP) inédit au Cameroun : le contrat DBFM (Design, Build, Finance, Maintain). Ce schéma contractuel permet de conjuguer les forces : un partenaire stratégique est chargé de concevoir, construire et financer le projet, garantissant ainsi l'apport de capitaux et d'expertise, tandis que la Sonara conserve l'exploitation exclusive des installations.
Technologie de pointe et souveraineté
Au cœur de cette métamorphose figure l'intégration d'un hydrocraqueur de pointe. Cette unité de conversion profonde permettra non seulement d'améliorer la qualité et la quantité de la production nationale, mais aussi de porter la capacité de traitement à un niveau garantissant l'indépendance énergétique.
À terme, cette infrastructure permettra :
De réduire de 80 % les importations de carburants, soulageant ainsi la balance commerciale du pays.
De produire une énergie conforme aux normes environnementales internationales les plus strictes (AFRI 5 et 6).
De repositionner le Cameroun comme un acteur énergétique incontournable dans la zone CEMAC.
Un horizon 2027 sous le signe de la relance
L'atelier du 29 juin a confirmé la dynamique de relance. Les travaux de réhabilitation, portés par une expertise de premier plan et un suivi gouvernemental rigoureux, marquent le début d'une ère de renaissance industrielle. Plus qu'une simple remise en état, c'est une transformation profonde qui s'opère pour le Cameroun, affirmant sa volonté de devenir un moteur industriel autonome en Afrique centrale.




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