À l'aube des Olympiades d'Ouzbékistan, le mouvement échiquéen camerounais franchit un cap décisif. Dans un entretien accordé à notre rédaction, Benjamin Banlock, Président de la Fédération Camerounaise des Échecs (FECADE), lève le voile sur la stratégie nationale visant à hisser l'élite tricolore au sommet tout en dynamisant la pratique sur l'ensemble du territoire.
Vers un rigoureux rodage classique
Alors que les compétitions nationales battent leur plein depuis deux semaines avec un rythme hebdomadaire privilégiant les week-ends, le format des tournois a évolué. Délaissant temporairement les parties rapides ou les blitz, les joueurs s’exercent désormais sur des parties classiques d’une durée supérieure à une heure. « En fait, on essaie de se préparer déjà aux Olympiades qui vont avoir lieu à partir de la semaine prochaine en Ouzbékistan », explique le président de la FECADE, soulignant la nécessité de cette transition pour affûter l'endurance et la réflexion des athlètes.
Une sélection d'élite et des dames en or
Les athlètes engagés pour cette échéance internationale ont fait l'objet d'une sélection rigoureuse en amont. « Il fallait une formation intensive pour pouvoir aller défendre les couleurs du Cameroun », précise Benjamin Banlock. Fait notable et récurrent salué par la Fédération : l'excellence des dames camerounaises, qui continuent de s'illustrer en décrochant des médailles dans leurs catégories respectives, confirmant la vitalité et le potentiel de la sélection féminine.
Décentralisation et détection des talents régionaux
Si l'équipe nationale masculine et féminine s'apprête à s'envoler pour l'Ouzbékistan, la dynamique ne faiblit pas sur le plan local. À travers le pays, et particulièrement sur le littoral et dans le centre, l'organisation de championnats régionaux se structure. Ces tournois ouverts à tous — sans distinction d'âge, de sexe ou de niveau — brassent à la fois les joueurs locaux et internationaux.
L'objectif affiché de la FECADE est clair : étendre progressivement cette émulation à l'ensemble des dix régions du Cameroun. La décentralisation des compétitions doit permettre d'élargir la base des adeptes et de détecter de nouveaux viviers de talents. À Douala, cette ambition s'appuie notamment sur un partenariat stratégique avec l'Institut de management IAM, dont les locaux accueillent et soutiennent l'entraînement des compétiteurs.
Entre rigueur stratégique, décentralisation territoriale et ambitions mondiales, le président de la FECADE en est convaincu : avec le temps, le « boom » échiquéen camerounais est en marche. Une question de vision pour des esprits brillants



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