La crise qui secoue la Fédération Camerounaise de Lutte (FECALUTTE) continue d’alimenter les tensions entre les différents acteurs de la discipline. À l’issue de l’Assemblée générale extraordinaire tenue ce 23 mai 2026 a Yaoundé, convoquée par le ministre des Sports et de l’Éducation physique dans une perspective de normalisation, deux lectures opposées des événements émergent au sein de la fédération.
Prennant la parole, Mr. Akrim Emmanuel, Président de la ligue Ouest et 4e vice Président de la FECALUTTE a vivement contesté la régularité de la rencontre.
Selon lui, le ministre des Sports avait clairement défini le cadre de cette Assemblée générale extraordinaire inclusive, en précisant que seuls les membres statutaires issus de l’Assemblée générale de 2023 devaient prendre part aux travaux. Une orientation qui, d’après Akrim Emmanuel, n’a pas été respectée sur le terrain.
Le responsable sportif affirme que le président du bureau exécutif a refusé d’appliquer la procédure prévue par les textes avant l’ouverture des travaux. Il explique notamment que la vérification du quorum, étape essentielle au déroulement d’une Assemblée générale, n’a jamais été effectuée malgré la présence des différents acteurs concernés.
Akrim Emmanuel déplore également qu’aucune clarification n’ait été apportée sur la qualité des personnes présentes dans la salle. Selon lui, certaines prises de parole auraient été autorisées de manière sélective, sans respect des règles habituelles de fonctionnement de la fédération.
Pour le président de la Ligue régionale de lutte de l’Ouest, la réunion convoquée par le ministre aurait finalement été détournée de son objectif initial, qui consistait à trouver un consensus devant conduire à l’organisation des élections dans un climat apaisé.
« Le président du bureau exécutif a refusé de respecter les instructions du ministre qui demandaient de trouver un calendrier pour aller aux élections », a-t-il indiqué, précisant que ce dernier aurait quitté la salle avant la poursuite normale des travaux.
Dans son intervention, Akrim Emmanuel souligne également une contradiction autour de la question des statuts de la fédération. Il rappelle que le ministre avait évoqué l’importance du respect des textes en vigueur, tandis que le président de la fédération considère pour sa part que ces mêmes statuts sont devenus obsolètes et inadaptés.
Pour le dirigeant sportif, il apparaît difficile d’engager un processus électoral crédible sans une révision préalable des textes régissant la fédération. Il estime ainsi que les conditions n’étaient pas réunies pour tenir une véritable Assemblée générale.
« Il n’y a pas eu de réunion. Les gens se sont assis et sont repartis », a-t-il déclaré, contestant toute validité aux travaux annoncés.
Malgré cet échec, Akrim Emmanuel affirme que les membres du bureau et du collectif restent disponibles pour poursuivre les concertations afin de permettre à la FECALUTTE de retrouver un fonctionnement normal.
De son côté, le président de la fédération, Isaac Mpia, défend la nécessité d’une réforme profonde des statuts de l’instance. Il dénonce l’attitude d’un groupe qu’il accuse d’avoir cherché à bloquer les travaux avec « un agenda caché ».
Isaac Mpia soutient que les textes actuels de la fédération ne sont plus conformes aux exigences de la Fédération internationale de lutte, du Comité international olympique et du Comité national olympique. Il annonce ainsi qu’une résolution a été prise en vue de la mise en place d’une commission composée de représentants du ministère, du mouvement olympique, de la fédération et de juristes chargés de réviser les statuts dans un délai de trois à quatre mois.
Selon lui, cette réforme vise à éviter d’éventuelles sanctions internationales et à préparer les prochaines élections dans un climat d’apaisement et de transparence.
Réaffirmant son engagement à la tête de la fédération, Isaac Mpia dit rester mobilisé pour le développement de la lutte camerounaise et l’encadrement de la jeunesse sportive.






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