La capitale camerounaise , Yaoundé a abrité, ce 14 octobre 2026, les travaux de l'atelier de capitalisation et de transmission de l'héritage du projet FISH4ACP. Organisée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) en synergie avec le Ministère de l'Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA), la délégation de l'Union européenne et la Plateforme Crevette du Cameroun (PLACRECAM). Cette rencontre d'envergure a dressé le bilan de six années de coopération stratégique axée sur la modernisation et la gestion pérenne de la chaîne de valeur de la crevette.
Une alliance stratégique internationale et nationale
L'initiative FISH4ACP, déployée dans dix nations d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, a bénéficié au Cameroun d'un engagement financier et technique majeur.
Raymond Lataste, chargé de programmes au sein de la délégation de l'Union européenne au Cameroun, a rappelé l'ampleur de l'investissement consenti par l'UE, estimé à près de 2 millions d'euros (soit environ 1,3 milliard de francs CFA). Ce soutien financier vise à accroître la contribution socio-économique du secteur maritime tout en préservant les écosystèmes littoraux.
Pour sa part, le Dr. Antonio Luis Évora Ferreira Querido, représentant de la FAO au Cameroun, s'est félicité de la synergie créée entre les acteurs publics, les partenaires techniques et les professionnels de la pêche, soulignant l'importance d'une vision fédératrice pour l'avenir de la filière.
Représentant le ministre de l'Élevage, des Pêches et des Industries Animales (Dr. Taïga), le Dr. Mimbang Guy Iréné, Conseiller Technique N°1 au MINEPIA, a mis en avant la portée institutionnelle de cette démarche collective :
« La capitalisation de FISH4ACP la plus précise repose dans la dynamique collective qu'elle a créée dans les partenariats renforcés entre le secteur public et privé... »
— Dr. Mimbang Guy Iréné, Conseiller Technique N°1 au MINEPIA.
Transformation de la filière : Des avancées concrètes
Porté par une feuille de route structurée sur une décennie et arrivé à sa quatrième année de concrétisation opérationnelle, le projet laisse un bilan riche en innovations et en réformes structurelles :
Actualisation des connaissances scientifiques : La réalisation d'une nouvelle enquête cadre — la première depuis 2009 — a permis d'évaluer avec précision la population de pêcheurs, le volume des prélèvements et l'effort de pêche.
Gouvernance participative : Un plan de gestion de la pêcherie crevettière a été conçu de manière concertée, plaçant les artisans pêcheurs, les armateurs industriels et les administrations publiques sur un pied d'égalité dans les instances décisionnelles.
Normes sanitaires et accès aux marchés : Le renforcement du laboratoire national de contrôle et l'accompagnement des opérateurs privés ouvrent la voie à une meilleure compétitivité, visant les marchés hautement exigeants d'Europe et d'Amérique du Nord.
Innovation technologique et labellisation : Outre le lancement de l'application Siren pour fluidifier les transactions commerciales, les études menées confirment l'éligibilité de la crevette camerounaise à une Indication Géographique Protégée (IGP).
Modernisation des infrastructures : Des équipements adaptés sont prévus pour optimiser la chaîne du froid, notamment le renouvellement des unités de fabrication de glace à Kribi et Alimbé au bénéfice de la Mission de Développement de la Pêche Artisanale Maritime (MIDEPAC).
L'humain et le terrain au cœur des transformations
L'impact du programme se mesure également au niveau des communautés côtières, où la transmission des bonnes pratiques de transformation et de conservation assure la pérennité de l'activité.
Imoulanok Louis Martin, président de la PLACRECAM, témoigne du changement de paradigme opéré auprès des travailleurs de la mer :
« Ça fait quelque chose de plus pour les acteurs. Du coup, nous avons appris beaucoup de choses dans le cadre de la transformation, de la gouvernance même, de la gestion. On nous a appris à pouvoir préserver ce qui va rester le plus longtemps possible pour nous, parce que si nous-mêmes on détruit, certainement la pêche va s'arrêter à un moment. Donc nous avons bénéficié de beaucoup de choses dans le cadre de la transformation, dans le cadre de la gouvernance, dans le cadre des pratiques de techniques de pêche pour une pêche durable. »
— Imoulanok Louis Martin, Président de la PLACRECAM.
Cap sur la pérennisation et l'autonomie
L'atelier de Yaoundé ne marque pas un terme, mais plutôt l'amorce d'une phase de consolidation. Les priorités d'avenir intègrent :
L'application effective du plan de gestion de la ressource.
La généralisation du four de fumage amélioré (Furt-FTT Chorkor).
Le maintien d'un niveau élevé d'exigence sanitaire pour les exportations.
L'autonomisation progressive de la PLACRECAM vers un statut d'organisation interprofessionnelle représentative.



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