Dans une démarche visant à assainir la gestion des finances publiques, la Commission des Finances et du Budget de l’Assemblée nationale a tenu, ce 2 juillet 2026, une séance de travail stratégique avec la Chambre des comptes de la Cour suprême. Cette concertation, la 33e du genre, marque une étape supplémentaire dans le renforcement du contrôle parlementaire sur les entités publiques.
Un partenariat au service de la transparence
Ouvrant les travaux, l’honorable Rosette Julienne Moutymbo, présidente de la Commission des Finances et du Budget, a souligné l'importance cruciale de la synergie entre le pouvoir législatif et l'organe supérieur de contrôle des finances publiques. Selon elle, cette collaboration est le socle d’une gouvernance financière rigoureuse, répondant aux exigences accrues de transparence et d’efficacité réclamées par les citoyens.
Le diagnostic sans concession des entreprises publiques
Le débat a rapidement porté sur les freins à la performance des entreprises à capitaux publics. Le président de la Chambre des comptes, M. Yap Abdou, a rappelé que si ces entités constituent des leviers stratégiques du développement national, leur efficacité demeure entravée par des goulots d’étranglement persistants.
L’exposé technique présenté par M. Tchienbe Mbe Michel Ferrick, illustré par le cas de la Compagnie camerounaise d’aluminium (ALUCAM), a mis en exergue des défaillances structurelles majeures :
Faible rentabilité des investissements consentis par l’État.
Absence chronique de dividendes, privant le Trésor public de recettes escomptées.
Dépendance structurelle aux subventions étatiques.
Fragilité des dispositifs de gouvernance et inefficacité des systèmes de contrôle interne.
Vers une nouvelle dynamique de gestion
Face à ce constat, les deux institutions ont convergé vers des pistes de réformes concrètes. Le renforcement de la culture de résultats s'impose comme une priorité pour transformer ces entités en véritables vecteurs de croissance.
Les recommandations formulées à l'issue des échanges s'articulent autour de quatre axes majeurs :
Assainissement financier : Recapitalisation ciblée des entreprises dont la viabilité est démontrée.
Renforcement du contrôle : Optimisation des mécanismes de suivi et des outils d'audit.
Modernisation industrielle : Mise à niveau des outils de production pour accroître la compétitivité.
Responsabilisation managériale : Instauration d’une obligation de résultat plus stricte pour les dirigeants d’entreprises publiques.
Cette rencontre témoigne de la volonté des pouvoirs publics camerounais de passer d'une logique de gestion passive à une gestion axée sur la performance et la reddition des comptes.




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