Le système de santé camerounais fait face à un défi stratégique majeur. Dans le contexte du désengagement graduel de l’Alliance du Vaccin (GAVI), le Réseau des Parlementaires pour la promotion du Système de Santé et le Soutien à la Vaccination, sous la houlette de l'honorable Lawson Tabot, tire la sonnette d’alarme : le Cameroun doit impérativement accélérer sa mobilisation financière pour garantir la pérennité de ses programmes d'immunisation.
Une échéance critique à court terme
Lors d’une session tenue récemment à l’Assemblée nationale, les parlementaires, en concertation avec les représentants du ministère de la Santé publique, de la société civile et des organisations non gouvernementales, ont mis en exergue une réalité préoccupante.
Le pays est tenu de respecter un engagement financier de 7,8 milliards de FCFA d’ici octobre 2026. Or, le taux de décaissement actuel stagne à seulement 19 %. Ce retard interpelle les autorités sur la nécessité de sécuriser les fonds restants afin d'éviter toute rupture dans la chaîne d'approvisionnement en vaccins essentiels.
L’horizon 2030 : Vers une autonomie totale
Depuis des années, GAVI joue un rôle déterminant en facilitant l'accès aux vaccins, le renforcement des capacités logistiques et la consolidation des systèmes de santé, notamment pour la protection de l'enfance. Cependant, le processus de transition en cours prévoit un retrait total de l'Alliance à l’horizon 2030.
Cette échéance marque un tournant historique pour le Cameroun, qui devra alors assumer seul :
L’achat intégral des vaccins.
La gestion logistique complète.
Le maintien et le développement des infrastructures sanitaires nécessaires à la couverture vaccinale.
Stratégies pour un financement durable
Conscient des contraintes budgétaires actuelles et de la multiplicité des priorités nationales, le panel réuni à l’Assemblée nationale a préconisé une approche proactive pour éviter une baisse de la couverture vaccinale et les risques sanitaires afférents, tels que la résurgence d'épidémies évitables.
Parmi les solutions innovantes envisagées pour sécuriser le secteur de la santé, les participants ont souligné l'importance :
De la fiscalité dédiée : Étudier l'introduction de taxes spécifiques affectées au financement de la santé.
De l'arbitrage budgétaire : Revoir à la hausse les allocations budgétaires allouées au ministère de la Santé publique.
De la priorité nationale : Placer la santé de l’enfant au cœur des priorités des politiques publiques.
De l'investissement structurel : Renforcer le capital humain et moderniser les plateaux techniques sanitaires.
Cette mobilisation des élus de la nation marque une étape cruciale dans la définition d'une souveraineté sanitaire durable, condition sine qua non pour garantir un avenir en bonne santé aux générations camerounaises futures.



💬 Commentaires
Ajouter un commentaire