jeudi 4 juin 2026
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Conférence anticorruption : l’Afrique du Commonwealth mobilisée à Yaoundé

Conférence anticorruption : l’Afrique du Commonwealth mobilisée à Yaoundé

Les travaux de la 16ᵉ conférence régionale des chefs des agences de lutte contre la corruption des pays membres du Commonwealth en Afrique ont officiellement débuté le 4 mai 2026 à Yaoundé, pour s’achever le 8 mai. Cette rencontre de haut niveau positionne le Cameroun comme un acteur engagé dans la promotion de la bonne gouvernance et de la transparence à l’échelle continentale.

Dans son allocution, la Ministre Déléguée à la Présidence chargée du Contrôle Supérieur de l’État, Mbah Acha née Fomundam Rose Ngwari, a mis en avant les réformes engagées par le gouvernement pour moderniser l’administration publique, en cohérence avec la Stratégie Nationale de Développement 2030. L’ambition affichée est de bâtir une administration numérisée, efficace et orientée vers les besoins des citoyens.

Au centre de ce dispositif, le Contrôle Supérieur de l'État (CONSUPE) assure un rôle clé dans la surveillance de la gestion des finances publiques à travers des audits, des évaluations et des mécanismes de sanction. Cette action est renforcée par la Commission Nationale Anti-Corruption, dont les missions couvrent la prévention, la détection et la sensibilisation des populations.

Sur le plan répressif, le Tribunal Criminel Spécial (TCS) intervient dans le traitement des affaires de détournement de fonds publics d’envergure, traduisant la volonté des pouvoirs publics de garantir l’application effective de l’État de droit.

Prenant la parole, le Président de la CONAC, Dieudonné Massi Gams, a insisté sur l’impact économique considérable de la corruption, qui prive le pays d’infrastructures essentielles telles que les écoles, les hôpitaux ou encore les routes. Il a également rappelé que les services publics doivent rester accessibles et gratuits pour les citoyens, appelant à une plus grande rigueur dans la gestion des ressources publiques.

Dans une perspective comparative, la Directrice générale du Prevention and Combating of Corruption Bureau (Tanzanie), Neema Mpembe, a souligné que la corruption constitue un frein majeur au développement en Afrique. Selon elle, ses effets s’étendent bien au-delà de l’économie, affectant directement l’accès des populations aux services sociaux de base, notamment la santé, l’eau et les infrastructures.

Les échanges ont également mis en lumière le rôle croissant de la transformation numérique dans la lutte contre la corruption. À ce titre, l’Agence Nationale des Technologies de l'Information et de la Communication (ANTIC) est appelée à jouer un rôle déterminant dans la sécurisation des systèmes d’information et la protection des données. L’intelligence artificielle apparaît, par ailleurs, comme un levier innovant permettant d’anticiper les risques et de renforcer l’efficacité des mécanismes de contrôle.

Face à un phénomène désormais transnational, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la coopération régionale et internationale, notamment à travers le partage d’expériences et de bonnes pratiques.

À travers l’organisation de cette conférence, le Cameroun réaffirme son engagement à promouvoir une gouvernance fondée sur la transparence, la responsabilité et l’innovation, en vue d’un développement inclusif et durable.

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